Le mystère des dinosaures

Ces mastodontes disparus ont passionné et éveillent encore un intérêt et des vocations pour la paléontologie. Mais en quoi réside ce succès pour les fossiles ? Pourquoi des gens voudraient encore se vouer corps et âme pour creuser la terre avec un pinceau pour découvrir, peut-être, quelque chose ?
Tout cela réside certainement dans les multiples mystères qui entourent encore les dinosaures, beaucoup de zones d’ombre, des réponses hypothétiques, des théories incroyables mais plausibles, c’est tout cela qui attise encore et toujours la curiosité des passionnés.
Les sources d’informations sont peu nombreuses, nous possédons les fossiles d’os ou d’œufs, quelque fois des traces d’installations (restes de nids par exemple), les traces d’empreintes dans le sol et ces insectes capturés dans l’ambre (vous voyez bien de quoi je veux parler, de la canne du docteur Ian Malcolm dans Jurassic Park I, celle où dans l’ambre il y a un moustique !). C’est à cause de cela que les dinosaures, même s’ils ont été les plus grands, sont les animaux les plus méconnus que la terre ait portés.

Petite chronologie rapide pour se remémorer ce que l’on sait de leur apparition, dont on connaît en fait très peu de choses. Fruit d’une longue évolution les dinosaures descendent des premiers poissons qui ont d’abord évolués en reptiles amphibiens, pondeurs d’œufs à coques molles et restant proches des cours d’eau. Peu à peu, au fil des mutations, des reptiles devinrent des animaux terrestres à part entière, nous sommes dans la période du Carnien, il y a environ 220 millions d’années, et nous assistons à la naissance des premiers dinosaures. Particularité : leurs pattes deviennent verticales au corps, à l’inverse par exemple des crocodiliens. Mais attention, nous sommes encore loin des dinosaures tels que les tricératops ou les diplodocus, ceux des débuts étaient encore beaucoup plus petits, il leur reste encore 160 millions d’années pour évoluer et devenir les monstres dont nous avons tous les images en tête. Prédateurs aux griffes et dents acérées, au cerveau plus développé, ou herbivores misant tout sur leur défense, on en connait environ 1 000 espèces.

La paléontologie nous fournit des informations sur leurs modes de vie (en troupeau ou solitaires), leurs pontes (nombre d’œufs, taille, forme de leurs nids), la façon dont ils mangeaient, se déplaçaient, se défendaient, chassaient… Mais les fossiles ne peuvent pas tout nous permettre de comprendre. Sans parler de leur apparition et de leur disparition sur lesquelles on ne possède que très peu d’informations vérifiables, d’autres questions beaucoup plus pratiques restent sans réponses. Quel était la couleur de leur peau ? Possédaient-ils des plumes, des poils ? Quel était leur cri ? Oui, je sais, dans les films on les entend crier, mais en réalité nous ne possédons pour l’instant aucun moyen de connaître les cris des dinosaures. Pourquoi ? Tout simplement, car ce qui permet aux vertébrés d’émettre un son est constitué de tissus mous, or les tissus mous des dinosaures sont rarement préservés dans les fossiles. Certains chercheurs émettent des hypothèses sur ce que pourraient être ces cris de dinosaures. Ceux à tête de canard, il y a environ 85 millions d’années, possédaient des crêtes creuses dans lesquelles l’air entrait en passant par deux mètres de cloisons tubulaires ; une sorte de trombone à l’embouchure du nez qui aurait pu créer des sons particuliers. Des tests sont actuellement en cours pour créer artificiellement ces crêtes et y reproduire une respiration pour savoir quels sons peuvent bien en sortir. Mais ces recherches sont critiquées par d’autres chercheurs qui estiment que tous ces tests restent beaucoup trop dans le domaine de la spéculation.
Bref, tout ça pour dire que les fameux cris du Tyrannosaurus Rex dans Jurassic Park, ou encore ceux des Diplodocus au coucher du soleil, et bien tous sont faux. Il est donc probable que le T. rex eut un cri encore plus effrayant que celui inventé par l’industrie du cinéma, ou au contraire un chant semblable à celui du rossignol, nous ne saurons peut-être jamais…

Et dans notre région, que s’est-il passé, à quoi le paysage pouvait-il bien ressembler ?
Imaginez-vous faire un bon dans le temps d’environ 82 à 65 millions d’années, au crétacé supérieur, je sais, ce n’est pas possible, mais imaginez !!! Notre belle région du sud de la France se trouve alors à l’emplacement qu’occupent aujourd’hui sur le globe le Tchad et la République Centrafricaine, à 4 ou 5 000 kilomètres de son emplacement actuel. L’Europe n’est alors à cette époque qu’un gigantesque archipel ; en effet le niveau de la mer était beaucoup plus élevé qu’aujourd’hui, entre 100 et 150 m de plus. Les Alpes et les Pyrénées n’existaient pas, l’archipel était composé d’îles au relief plat. Vous êtes donc sur une grande île bordée d’une mer chaude et peu profonde dans laquelle vous hésiteriez à piquer une tête connaissant la faune qui la peuple. Mais revenons sur terre ! La végétation pourrait ressembler à celle du Kenya actuel : de grandes prairies recouvertes de prêles, de yuccas, de plantes à fleurs, pas encore de plantes à graminées car elles ne sont pas encore apparues. Et sur ces grandes étendues des dinosaures qui se déplaçaient en troupeaux, qui migraient. Et on pense que tous les ans ils se retrouvaient à peu près au même endroit pour pondre leurs œufs. C’est ce qui explique la richesse de notre région concernant les œufs de dinosaures. Entre Toulon et Toulouse se trouve l’un des plus grand gisement au monde, voire le plus grand ! A Mèze des coquilles d’innombrables espèces d’herbivores ont été retrouvées sur une cinquantaine de m2 ainsi qu’un œuf de carnivore (on peut distinguer les œufs grâce à leurs formes). Vous allez vous demander comment se fait-il que tous ces œufs ne soient pas cachés sous des kilomètres de sédiments accumulés pendant tous ces millions d’années ?!
Comme je vous l’ai dit précédemment les Pyrénées n’existaient pas encore quand tous ces dinosaures ont pondu. Conservés grâce aux sédiments déposés lors des crues successives des rivières toutes proches, les œufs se situaient alors entre 3 et 4 km en dessous du niveau du sol actuel. Et c’est grâce à la naissance des Pyrénées que les couches géologiques du crétacé supérieur affleurent de nos jours.
Des parterres de coquilles, des œufs encore intacts, des traces de pattes de dinosaures, c’est ce que le directeur du Musée des dinosaures de Mèze, Monsieur Cabot à découvert en 1996 et ce qu’il tente de faire partager au travers de multiples visites, ateliers et expositions. Je vous invite à aller faire une petite visite dans ce lieu insolite où la garrigue a été repeuplée par des moulages de dinosaures grandeur nature, pour vous permettre d’imaginer avec plus de précisions le visage que pouvait avoir la Terre, et plus précisément notre région, à l’ère des dinosaures et vous rendre compte à quel point nous sommes de minuscules petits êtres face à l’évolution et aux bêtes qui ont pu peupler cette planète.

Article de Flore (CIST)

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