Drame de Jacques Audiard (France).
Avec Antonythasan Jesuthasan, Kalieaswari Srinivasan…
Durée : 1h49 – Sortie en salles : le 26 août 2015
Résumé :
Fuyant la guerre civile au Sri Lanka, un ancien soldat, une jeune femme et une petite fille se font passer pour une famille. Réfugiés en France dans une cité sensible, se connaissant à peine, ils tentent de se construire un foyer.
Le pari de Claude :
Palme d’or du 68e Festival International du Film de Cannes 2015 ! Critère de qualité ? Pas si sûr ! A tel point que j’ai hésité. Dheepan ou pas Dheepan ? Et puis non, c’est un Audiard tout de même. De plus, il a été tellement surpris d’avoir ce prix que son film ne doit pas correspondre au format classique du palmé. Les frères Coen, présidents du jury, ont, je l’espère, quelque peu dépoussiéré l’institution. Que d’ennui et de bâillements générés par le flot de masturbations intellectuelles encensées, de compromis politiques, de consensus de “professionnels de la profession” nombrilistes et par tant de pellicules gâchées érigées en fleuron du 7e art. Naturellement, quelques exceptions confirment la règle. Heureusement ! Apocalypse Now, Pulp Fiction, La leçon de piano, Un homme et une femme, Taxi Driver, etc.
Mais revenons à M. Audiard, fils de, comme chacun le sait. Fleuron du 7e art (tant pis pour la redite) hexagonal et sûrement même plus. Juste un petit rappel : De rouille et d’os, Un prophète, De battre mon cœur s’est arrêté, Sur mes lèvres, Un héros très discret et Regarde les hommes tomber… Avec Dheepan, il emprunte un chemin semé d’embûches. Tourner en tamoul (langue officielle du Sri Lanka), donc sortie ciné en VO sous-titrée, avec les rôles principaux tenus par des acteurs non professionnels Sri Lankais. Tout pour donner envie d’acheter son ticket ! Mais voilà, M. Jacques est aux commandes. Scénarios au cordeau, dialogues ciselés (quoique en l’occurrence…), sens du rythme, acteurs transcendés et, comme disait son pote Jean Gabin : « Il faut trois choses pour faire un bon film. Une bonne histoire, une bonne histoire et enfin une bonne histoire ! », évidemment une bonne histoire.
Bref, un ex soldat Sri lankais en justicier “Bronsonnesque” d’une cité “chaude” parisienne sous la houlette d’un surdoué de la mise en scène, qu’importe le verbe, l’habit et le moine, assurément un grand moment de cinoche.

