La mode est à la consultation citoyenne ! Une visite sur le site web : https://jeparticipe.laregioncitoyenne.fr/ s’impose pour soutenir des projets par simple vote dont celui autour du Salagou et du village de Celles, inscrit dans la concertation pour « Imaginez la montagne de demain ». Le Salagou est à la montagne donc.
lac
Requin d’Avril
Comme on dit couramment : plus c’est gros, plus ça passe ! Merci donc à tous ceux qui ont porté haut et fort la rumeur de notre poisson d’avril !!!
Avec l’article “du crocs du Salagou ?” du mois dernier, il s’agissait d’un poisson et d’un canular hautement improbables, mais le déballage de références scientifiques assez crédibles et néanmoins farfelues, a apparemment fait mouche… et Frédéric Feu, missionné cette année pour la blague incontournable, de puiser dans ses connaissances en biologie tout autant que dans ses souvenirs : “M. Stocoud”, était bien sûr “Cousteau” en verlan, le consultant en biologie “Roy Scheider” portait exactement le même nom que le célèbre acteur américain qui joue le rôle du garde-côte Michael Brody dans “Les Dents de la mer”…
La sauce a pris et la petite créature a beaucoup fait parler d’elle, mais n’hésitez pas à acheter vos maillots et à prévoir vos pique-niques aux abords du Salagou : le plus grand danger reste encore à ce jour d’oublier de se mettre un peu de crème solaire efficace, car les longues heures de détente dans ce petit paradis font parfois oublier le temps d’exposition aux UV !!!
Du crocs au salagou ?
Les dents du lac : une aventure biologique
Lors d’une récente immersion pour effectuer des relevés topographiques à proximité de l’ancien village submergé de Celles dans le lac du Salagou, une surprise aussi passionnante que déplaisante attendait l’un des plongeurs. Récit :
Peu frileux, il n’avait pas mis de gants malgré la température de l’eau encore plus que fraiche, et sentit une vive douleur sur le côté droit de sa main droite. Comme il venait de brasser le fond sa visibilité était plus que diminuée et il n’eut pas connaissance immédiatement de la raison de ce “désagrément”.
Sorti de l’eau quelques minutes après, il put constater avec ses collègues une profonde morsure sur 4 ou 5 cm de chair, ne ressemblant pas à quelque chose qu’il connaissait. Bien sûr, inquiet de savoir s’il ne s’agissait pas d’un poisson ou serpent éventuellement venimeux, il décida d’aller rapidement aux urgences de Montpellier : grand bien lui en prit ! Après analyse au centre antipoison de Marseille, on lui confirma la présence de toxines en quantité raisonnable mais d’un type relativement agressif. Les experts s’inquiétaient de ne pas réussir à identifier ni les toxines ni la forme de la morsure, cependant, ils écartaient d’emblée celle d’un serpent aquatique. On aurait dit qu’un minuscule piège à loup s’était refermé violemment sur sa main.
Désinfecté, Bernard Stocoud fut suivi quelques heures, effectua une déclaration à la gendarmerie.
Le week-end suivant il accompagna ses enfants au Seaquarium du Grau-du-Roi. Discutant avec un biologiste, alors qu’il attendait le prochain spectacle des phoques, il lui montra sa main qu’il avait évitée de bander pour que les plaies sèchent plus vite : quelle ne fut sa surprise ! Parlons même d’un choc : la répartition des dents, l’angle d’incision… tout, selon cet expert des requins, correspondrait point par point aux traces d’un petit squale !
Des requins dans le Salagou ???
N’allons pas si vite… Il s’agit avant tout de bien définir ce qu’est un requin. Le géomètre se permit de rappeler au biologiste que la morsure était venimeuse. Les requins ont déjà une noire réputation très exagérée sans, qu’en plus, on les croie empoisonnés !
« Bien sûr que si, ça existe » répondit le biologiste : parmi les centaines d’espèces de requins connus, Bernard apprit qu’en marge du gigantesque et pacifique requin-baleine il en existe de toutes tailles et de toutes formes, que les requins sont des cousins extrêmement proches des raies, et qu’il en existe non seulement des venimeux mais encore des lumineux, aveugles… que certains sont aussi plats que les raies, alors que certaines raies ressemblent, elles, plus à des requins, etc. C’est alors le problème de l’eau douce du Salagou qui fut évoqué : pas très sérieuse l’hypothèse d’un requin d’eau douce ? Bien sûr que si, cela semble assez plausible. En effet, à l’instar du crocodile et de nombreuses créatures aquatiques, il existe des espèces de requins vivant aux embouchures des fleuves parfaitement acclimatées à des eaux peu salines.
Dans tous les cas, la découverte, ou disons pour l’instant “l’événement”, se doit d’être vérifié. N’y a-t-il pas erreur sur le type d’espèce identifié ? Comment une forme de requin aurait-elle pu se retrouver dans un lac n’ayant pas de communication directe avec la Méditerranée ? Serait-ce un ou des individus jetés par un collectionneur de N.A.C. ? Les amateurs de Nouveaux Animaux de Compagnie adorent les terrariums et aquariums occupés par de superbes bestioles effrayantes telles que des pythons molure albinos, tarentules et autres poissons venimeux asiatiques… Toujours est-il qu’il va désormais falloir faire un peu attention lors des baignades, car il ne s’agissait peut-être là que d’un bébé. L’équipe du consultant en biologie Roy Scheider de l’Institut océanographique américain Brody, actuellement en train d’étudier de nouveaux bassins au Requinarium du Grau-du-Roi, a accepté d’effectuer des plongées “pédagogiques” pour montrer comment on devrait opérer si un jour il y avait un problème. Une initiative éducative et bien sûr médiatique pour le Seaquarium, qui servira de base à l’expérience. Si des jeunes de 16 à 20 ans désirent profiter du stage, il est prévu de leur mettre à disposition des tenues de plongée complètes, avec un latex tressé de fils d’acier qui les protègera sans problème contre une agression isolée ou massive.
L’équipe de C le Mag et de la radio RPH seront sur place pour couvrir l’événement, et il sera remis aux jeunes apprentis plongeurs une médaille du courage ainsi qu’à leurs parents, qui pour leur part ont juste une petite décharge de responsabilité à signer avant la plongée. Bien sûr en imaginant qu’un individu d’une espèce nouvelle soit identifié, un nom scientifique lui serait donné, et cela renforcerait encore, si besoin est, la visibilité touristique du lieu.
Pour sa part, Philippe Martin, spécialiste de la macrophotographie, pense qu’il pourrait s’agir d’un canular mais a néanmoins planté sa tente avec tout son équipement hyper-focus sur l’endroit le plus proche de l’événement initial. Passer directement du premier témoignage sur une espèce non encore identifiée à une image nette à 100%, ce serait une première mondiale qu’il ne peut évidemment risquer de manquer. Surtout dans un chef d’œuvre environnemental dont il passe sa vie à vanter les mérites.
Concernant l’équipe du Centre de l’Imaginaire Scientifique et Technique du Cœur d’Hérault (C.I.S.T.), des interventions dans les écoles viennent d’être programmées in extremis en mai et juin pour rassurer les populations en leur faisant bien voir la différence entre les gigantesques carnassiers de carton des films américains et ces merveilles de l’évolution que sont nos amis les requins.
Par Frédéric Feu

