Un nouvel outil en faveur de l’emploi des jeunes
Alors même que le problème de l’emploi demeure un des sujets de préoccupation des français, plus particulièrement dans notre région cruellement touchée par le chômage, une nouvelle piste vient de s’ouvrir grâce au Groupement des Employeurs Territoires Animés (GETA) qui s’est donné pour objectif de relever le défi de l’Emploi, notamment auprès des publics jeunes.
Bien que créé en 2014, le GETA-LR n’a réellement commencé à fonctionner qu’en mars 2015. Cette structure associative est inscrite dans l’Economie solidaire avec ses partenaires associés : L’Association pour le Développement et l’Animation des Territoires (ADAT), organisme agréé de la formation professionnelle et le Mouvement Rural-Foyers Ruraux en charge de l’accompagnement de projets associatifs de l’Education populaire. La structure est régie par un conseil d’administration sous le contrôle financier d’un expert-comptable. Directeur régional du Geta, qui compte actuellement 75 adhérents, Gérard Valéro, par ailleurs président de l’Adat, entend bien dès cette année « œuvrer ensemble pour la mutualisation de l’emploi sur notre territoire, où le taux de chômage des jeunes atteint le niveau le plus élevé, souvent marqué par un manque d’opportunités d’emploi, exacerbé par l’inadéquation de la formation aux attentes des collectivités, des associations et des entreprises du secteur social ». Avec ses deux partenaires privilégiés, le Geta va donc s’efforcer de relever le défi de l’intégration des personnes en recherche d’emploi au travers de sa mise à disposition de personnes auprès des collectivités locales (par exemple des animateurs pour encadrer les activités périscolaires), et/ou des associations en fonction de leurs besoins, qu’il s’agisse de temps partiel, de temps complet, de saisonnalité ou de compétences spécifiques. De plus, en maillant les besoins complémentaires de plusieurs collectivités, le Geta aura à cœur de recruter en CDI temps plein “ses” salariés.
Des plus-values pour les institutionnels
En s’inscrivant dans une politique durable de l’emploi, le Geta apparaît comme un levier novateur dans les secteurs du sport, de l’animation et du développement local. En se fixant pour but non seulement de maintenir mais aussi de créer de l’emploi sur son territoire, il aide incontestablement à la stabilisation de l’emploi et à la consolidation du lien social. Par ailleurs, le Geta se montre comme un outil efficace au service du projet de territoire. Et en accroissant la complémentarité entre les structures associatives et les collectivités territoriales, il montre toute sa cohérence et son efficacité par le partage des salariés. En tout état de cause, au plan local, il entend avant tout lutter contre la précarité.
Des avantages pour l’utilisateur
Comme on l’aura compris, le Geta recrute avant tout pour les associations, collectivités et entreprises de l’éducation sociale. Aussi, dans un souci évident de simplification, leur propose-t-il des profils adaptés, pré-sélectionnés ou des salariés de la structure, dans l’objectif d’une mise à l’emploi durable. La mise à disposition s’effectue en effet par convention entre le Geta et l’utilisateur, pour une période déterminée, renouvelable ou pas.
Autre avantage pour l’utilisateur : le Geta prend en charge tout le recrutement administratif. Autrement dit, c’est lui qui s’occupe des fiches de poste, de la gestion sociale du salarié, de ses bulletins de salaire ou encore de sa complémentaire santé. Ceci présente un certain confort pour l’utilisateur qui n’a donc pas à se préoccuper de tous ces problèmes administratifs qui, on le sait, minent bon nombre d’entreprises, publiques ou privées. Ce faisant, le Geta reste l’employeur unique et le salarié mis à disposition devient salarié du Groupement d’employeurs. Une flexisécurité supplémentaire pour l’utilisateur car ce salarié n’augmente pas le quota de sa masse salariale. Enfin, dans le but d’assurer le maintien et le développement des compétences de “ses” salariés, le Geta veille à leur formation continue auprès d’organismes qualifiés pour le faire.
Des plus-values pour les salariés
Comme on peut le penser, les salariés ont aussi tout à gagner de ce dispositif. Avec un contrat de travail unique, le salarié d’un Groupement d’employeurs dispose d’un employeur unique. Ses relations sont donc simplifiées avec l’employeur et les organismes sociaux. De plus, afin de consolider l’emploi, le Geta privilégie les contrats à temps plein en CDI, en limitant le recours aux CDD, avec accès à la formation professionnelle. Grâce à cette professionnalisation des parcours, le salarié peut ainsi travailler dans plusieurs collectivités ou avec des entreprises de l’économie sociale adhérentes au Geta, en fonction de ses besoins ou de ses choix.
Actuellement, comme nous l’a précisé Gérard Valéro, le Geta emploie 14 salariés. Ceux-ci sont plutôt investis dans les secteurs du bâtiment et de l’agriculture. Mais avec l’approche des vacances, d’autres pourraient venir les rejoindre dans le secteur du tourisme en tant que saisonniers. La plupart de ces jeunes sont issus des demandeurs d’emploi, mais certains autres, déjà salariés, rejoignent cette structure dans le but de travailler plus.
Mutualisation des structures
Dans cette vaste entreprise ayant pour but de trouver des solutions au problème de l’emploi, notamment pour les jeunes, Gérard Valéro reconnaît que l’État est à ses côtés, celui-ci accordant une compétence aux Régions, tout en étant également investi dans les Groupements d’employeurs qui se sont créés en France. Des structures qui vont dans le sens de la Loi Cherpion du 28 juillet 2011 « pour le développement de l’alternance et la sécurisation des parcours professionnels ». Une Loi tendant en particulier à modifier les conditions d’embauche et de travail des stagiaires, afin d’en finir avec certaines dérives dans ce secteur, de nombreuses entreprises profitant de cette main d’œuvre bon marché.
Intervenant dans les domaines de l’emploi, du développement local, de la vie associative et de la formation, le Geta, présidé par Charlaine Papet, travaillant en symbiose avec le Mouvement Rural présidé par Jean Tuffou, et l’Adat présidé par Gérard Valéro, s’est ainsi engagé dans la mutualisation de leurs compétences respectives et de leurs moyens au service des associations, des collectivités et des territoires de projet. Puisse donc cette structure originale faire des émules à travers la France, grâce à ces nouveaux outils.
Par Bernard Fichet

